Décembre 2010: le rallye de fin d'année
Du côté des US
La prolongation des mesures de réduction fiscale instituées sous l’air Bush ont dynamisé les marchés américains en décembre. Le S&P grimpe de 6.53% et le Dow Jones de 5.19%. En effet les baisses d’impôt et la prolongation des allocations chômage seront des soutiens aux revenus et dépenses des ménages.
L'indice de la Fed de Philadelphie est ressorti à 24,3 au mois de décembre contre 22,5 en novembre, contre 15 attendu. Hausse également de la confiance des ménages en décembre. L’indice du Conference Board est ressorti à 112.4, soit sa 5ème hausse consécutive.
De plus l'économie américaine a finalement progressé de 2,6% au troisième trimestre, soit à un rythme un peu plus élevé que les 2.5% annoncé précédemment.
Le seul bémol est à mettre sur les chiffres du chômage. En effet les créations de poste ont été plus faibles que prévues, ce qui a fait grimper le taux de chômage à un plus haut depuis 7 mois, à 9.8%. Mais dans une optique où l’inflation reste toujours continue et que l’objectif de la Fed est de faire baisser ce taux aux alentours de 6%, les plans de rachat de dettes devraient se poursuivre.
Le Dow Jones finit l’année en hausse de 10.8% et le S&P 500 grimpe de 12.7%, tandis que le Nasdaq s’adjuge 16.9%.
Du côté de l'Europe
Le mois a été marqué par les nouvelles dégradations de note souveraine de la Grèce et du Portugal, ainsi que les difficultés du secteur bancaire espagnol, ce qui a mis le pays sous surveillance négative par les agences de notation. Ces nouvelles ont contraint la BCE à préparer une augmentation de capital auprès des membres de la zone euro, et ce, afin de pouvoir faire face à d’éventuelles pertes sur les obligations souveraines qu’elle a acheté. En collatéral de ces difficultés, la BCE a accéléré le rythme de son programme de rachat d’obligations. Un programme démarré en mai dernier, et qui devrait atteindre un montant de 69 MM€ (environ 45% du PIB Irlandais).
Le rythme de croissance du secteur privé de la zone euro a ralenti en décembre. L'indice des directeurs d'achat (PMI) composite, a baissé de 55.5 à 55 en décembre, ce qui nous indique que les évolutions de PIB à court terme devraient être moins fortes que prévue. Méfiance donc sur ces pays là. Mais comme en témoigne le VIX (indice de volatilité implicite du S&P 500) en constante baisse (-10% sur 2010), les difficultés de la zone euro, ne semble pas être un frein à l’optimisme des investisseurs en cette fin d’année. De plus les prévisions des analystes pour 2011 étant plutôt favorables au marché actions, les investisseurs en ont profité pour se replacer sur ces marchés.
Sur le mois le CAC 40 gagne 5.38%, et finit l’année sur une baisse de 3.4%, tandis que l’Eurostoxx 50 prend 5.35%, et % sur l’année 2010.
Du côté de la Chine
La banque populaire de Chine a de nouveau relevé le niveau des réserves obligatoires de ses banques de 50pb, c’est la cinquième hausse de l’année. Mais a également relevé son taux de réescompte (taux auquel les banques commerciales se refinancent auprès de la banque centrale), de 1.8% à 2.25%. Tout cela dans l’optique de contenir une inflation à 5.1% en novembre contre un objectif de 3% fixé.
Le taux de rémunération des dépôts est aujourd’hui négatif en Chine. En effet avec un taux de 2.5% de rémunération des dépôts pour une inflation de 5.1%. Ceci laisse donc présager d’un relèvement des taux qui aura pour impact de faire fortement baisser la croissance. En témoigne le plus bas de 3 mois sur l’indice PMI manufacturier qui est tombé à 54.4 contre 55.3 en novembre. Attention au trop plein d’optimisme sur les pays émergents.
Le Hang Seng baisse légèrement sur le mois de 0.56% et finit l’année sur une hausse de 5.32%.
Du côté des entreprises
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Performance décembre | |
|---|---|
| DJ Stoxx 600 basic ressources | 11.59% |
| DJ Stoxx 600 construction | 9.78% |
| DJ Stoxx 600 energy | 8.50% |
| DJ Stoxx 600 technologics | 8.25% |
| DJ Stoxx 600 insurance | 8.03% |
| DJ Stoxx 600 financial services | 7.32% |
| DJ Stoxx 600 industrial goods and services | 7.26% |
| DJ Stoxx 600 media | 5.87% |
| DJ Stoxx 600 chemicals | 5.10% |
| DJ Stoxx 600 food and beverage | 5.06% |
| DJ Stoxx 600 automobile | 4.11% |
| DJ Stoxx 600 utilities | 3.87% |
| DJ Stoxx 600 bank | 3.58% |
| DJ Stoxx 600 health | 2.92% |
| DJ Stoxx 600 Telecom | 0.98% |
Les ressources de bases affichent la plus forte performance sur le mois avec une progression de presque 11.6%. Le secteur profite du dynamisme de la demande en provenance des pays émergents, du plan d’assouplissement monétaire américain, ainsi que d’une demande toujours supérieure à l’offre, ce qui aura provoqué une flambée des prix.
La construction retrouve grâce aux yeux des investisseurs, après avoir été durement délaissée. Il s’agit d’un effet de rattrapage, pour des valeurs qui somme toute bénéficient d’une bonne récurrence des revenus. Saint-Gobain monte de 9.06% et Lafarge de 11.58%.
Le secteur de l’énergie grimpe de 8.50% sur le mois, soutenu par Total : +6.27% et Vallourec : +7.42%. Le secteur profite du rebond du pétrole qui franchit la barre des 90$ le baril et des matières premières en général.
Les télécoms : France télécom termine le mois stable à 15.6€, et Iliad s’adjuge 5.44%. Le secteur a pâti du relèvement de la TVA de 5.5% à) 19.6% sur leur offre Triple Play.
La santé : Sanofi Aventis grimpe de 2.73% et Novartis grimpe de 8%. Les valeurs pharmaceutiques souffrent de leur forte exposition aux marchés européens, et des plans d’austérité qui visent à réduire les dépenses de santé.
Les valeurs bancaires ont souffert des difficultés rencontrées par le système bancaire irlandais et espagnol. Natixis s’adjuge 3.24% et BNP Paribas de 4.41%.
Du côté des matières premières
La faiblesse passagère du dollar et le pétrole renchérissent le prix de l’or, qui termine en hausse de 4.03% à 1420.7$ l’once. En effet les métaux précieux offrent une couverture contre l’inflation et la dévaluation des monnaies. Les cours des métaux précieux sont soutenus par une forte demande financière en hausse de 20% en 2010 par rapport à 2009, et par l’inflation galopante dans les pays émergents.
Le pétrole a touché un plus haut depuis 26 mois et se rapproche de 100$ le baril, il termine le mois en hausse de 6.59% à 91.38$ le baril. Les cours ont été soutenus par des stocks en baisse, une décision de l’OPEP de ne pas augmenter la production et par le froid qui a sévi.
Les perspectives fondamentales s’améliorent pour les matières premières. Si un ralentissement de la croissance mondiale devrait freiner leur appréciation à court terme, les perspectives 2011 s’annoncent plutôt clémentes, et devraient soutenir la hausse.
Mais les difficultés de certains pays pourraient contraindre les membres de l’OPEP à augmenter leur production. Pour rappel, ils veulent maintenir les prix entre 70 et 80$ le baril, ce qui laisse présager d’une légère inflexion des cours à court terme.
Du côté des devises
Le dollar s’affaisse de près de 3% face à l’euro sur le mois de décembre. Le regain d’appétit pour le risque en cette fin d’année, vient soutenir le cours de la monnaie unique. La faiblesse du dollar est en partie dûe à l’appréciation des matières premières (pétrole, or,…), à la hausse des actions dans les pays émergents et au report des investissements sur des devises plus rémunératrices. L’euro finit l’année à 1.3384 face au dollar. Mais l’euro reste tout de même dans une configuration baissière, car toujours en proie à des difficultés des pays périphériques de la zone euro.
Philippe de Vandière, CIIA
Analyste marché IG Markets France
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