Bilan du mois de mars
Du côté des indices boursiers internationaux :
Après avoir vivement progressé en janvier puis février, les marchés actions européens ont marqué une pause en mars. C’est le FTSE 100 (-1,76%) qui a enregistré le repli le plus prononcé, tandis que le DAX 30 (+1,32%) a une fois de plus démontré sa capacité à surperformer. Aux Etats-Unis, la tendance est quant à elle restée clairement haussière, comme en attestent les performances mensuelles du Nasdaq Comp. (+4,20%) et du S&P 500 (+3,13%). La vigueur des marchés actions américains se vérifie également au niveau trimestriel, avec des gains de respectivement de +18,7% et +12% pour les indices précités, contre +8,3% seulement pour le CAC 40.
Récapitulatif des performances mensuelles
| Indice | Pays | Perf. 03/2012 |
|---|---|---|
| Nasdaq Comp. | Etats-Unis | 4.20% |
| Nikkei 225 | Japon | 3.71% |
| S&P 500 | Etats-Unis | 3.13% |
| Dow Jones 30 | Etats-Unis | 2.01% |
| DAX 30 | Allemagne | 1.32% |
| DJ Stoxx 600 | Europe | -0.38% |
| CAC 40 | France | -0.83% |
| Euro Stoxx 50 | Europe | -1.39% |
| FTSE 100 | Royaume-Uni | -1.76% |
Du côté des indices sectoriels européens et des valeurs françaises
Au niveau européen, les disparités sectorielles ont été relativement fortes, avec d’un côté la progression marquée du groupe voyage & divertissement (+4,66%) et de celui de la technologie (+2,94%), tandis que les ressources de bases (-8,23%) et l’énergie (-3,89%) ont été pénalisées par les craintes de ralentissement économique. S’agissant des composantes du CAC 40, les meilleurs parcours ont été signés Véolia Environnement (+35,4%), EADS (+12,6%) et Essilor Intl (+11,8%), tandis que Vivendi (-14,6%) a lourdement pâti de la baisse de son dividende. A noter également le recul marqué de Total (-8,9%) qui a subi de lourds dégagements en raison d’une fuite de gaz sur l’une de ses plateformes située en mer du Nord. En dehors de l’indice parisien, Nicox (+76,5%) s’est littéralement envolé, après avoir opté pour un recentrage stratégique dans le domaine de l’ophtalmologie. Parmi les poids lourds de la cote, Eurofins Scientific (+21,6%) et Gemalto (+15,4%) se sont distingués. A l’opposé, Belvédère (-23,9%), Bourbon (-18,1%) et Sequana (-17,6%) ont enregistré de lourdes corrections.
| Secteur DJ Stoxx 600 | Perf. 03/2012 |
|---|---|
| DJ Stoxx 600 Travel & Leisure | 4.66% |
| DJ Stoxx 600 Technology | 2.94% |
| DJ Stoxx 600 Financial services | 2.93% |
| DJ Stoxx 600 Food & Beverage | 2.68% |
| DJ Stoxx 600 Retail | 2.67% |
| DJ Stoxx 600 Personal & Household Goods | 1.39% |
| DJ Stoxx 600 HealthCare | 1.27% |
| DJ Stoxx 600 Chemicals | 1.27% |
| DJ Stoxx 600 Insurance | 1.10% |
| DJ Stoxx 600 Utilities | 0.74% |
| DJ Stoxx 600 Telecommunications | 0.64% |
| DJ Stoxx 600 Industrial Goods & Services | 0.09% |
| DJ Stoxx 600 Media | -0.19% |
| DJ Stoxx 600 Automobiles & Parts | -1.16% |
| DJ Stoxx 600 Construction & Materials | -2.32% |
| DJ Stoxx 600 Banks | -3.24% |
| DJ Stoxx 600 Oil & Gas | -3.89% |
| DJ Stoxx 600 Basic Resources | -8.23% |
Du côté des statistiques macroéconomiques
Sur le plan conjoncturel, la situation continue de s’améliorer aux Etats-Unis, notamment sur le front de l’emploi. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont de nouveau décliné pour récemment marquer un plus bas de quatre ans à 356 000. Quant aux créations d’emplois, elles se sont élevées à 227 000 en février, soit davantage qu’attendu par les économistes interrogés. En outre, les chiffres des mois de décembre et janvier ont été révisés à la hausse.
Cette amélioration des conditions du marché du travail se ressent d’ailleurs à travers la confiance du consommateur américain. Selon l’enquête mensuelle réalisée par l’Université du Michigan, celui-ci a progressé pour le septième mois consécutif, renouant ainsi avec ses plus hauts de 2011. La relative stabilisation de cet indicateur en février puis mars ne constitue vraisemblablement pas l’amorce d’un retournement, mais plutôt d’une consolidation. De nouveaux plus hauts annuels devraient donc être inscrits, ce qui devrait contribuer à une hausse de la consommation et donc de l’activité.
La lecture des indicateurs d’activité, parmi lesquels les ISM s’avèrent particulièrement précurseurs, renforce également ce sentiment. Bien que la courbe du secteur manufacturier reste quelque peu fragile, le secteur demeure en expansion (au-dessus du seuil des 50 points). C’est surtout du côté des services que le progrès a été le plus notable, et semble d’ailleurs se confirmer.
Sur le Vieux Continent, la situation reste en revanche nettement plus laborieuse, ce qui explique d’ailleurs la sous performance des marchés actions européens. La reprise reste fragile, en raison des mesures d’austérité consécutives à la crise de la dette. Le taux de chômage au sein de la zone euro a ainsi atteint les 10,8% en février, soit le taux le plus élevé depuis la création de la monnaie unique en 1999. La contraction des indices PMI a de plus ravivé les craintes de récession, ce qui explique le récent regain de nervosité des investisseurs et le recul des marchés. Au niveau de la zone euro, le sentiment économique peine d’ailleurs à se redresser, et le climat des affaires s’est de nouveau dégradé. Il faut donc s’attendre à ce que l’inquiétude des intervenants se focalise sur les élèves les plus faibles après la Grèce, c'est-à-dire le Portugal et l’Espagne.
L’Allemagne semble pour sa part à l’abri de ce contexte morose. Même si le rythme de croissance de son produit intérieur brut devrait diminuer cette année pour s’établir autour de 0,5 selon les dernières estimations, la première économie du continent européen reste sur la bonne voie. A 6,7%, son taux de chômage est ainsi au plus bas depuis la réunification du pays. La hausse soutenue depuis l’automne dernier de l’indice IFO du climat des affaires et de l’indice ZEW du sentiment économique mettent d’ailleurs en lumière l’optimisme des investisseurs et dirigeants quant à l’avenir.
Du côté des devises
Sur le forex, la volatilité est restée modeste tout au long de ce mois de mars. L’appétit des cambistes pour le dollar américain est retombé alors que Ben Bernanke a réaffirmé que la Réserve Fédérale maintiendrait ses taux directeurs aux niveaux actuels jusqu’à fin 2014. Une partie de la communauté financière n’exclut par ailleurs pas que la Banque centrale des Etats-Unis ne procède à de nouvelles mesures de soutien à l’économie. L’euro (+0,14% à 1,334$) s’est ainsi très légèrement apprécié, tout comme la livre sterling (+0,55% à 1,60$) et le franc suisse (+0,25% à 1,105$).
Du côté des matières premières
Du côté des matières premières, les céréales se sont distinguées, notamment l’avoine (+8,5%) et le soja (+6,3%). Le pétrole brent (+0,6% à 122,9$) s’est quant à lui stabilisé à proximité de ses plus hauts annuels ; le courant acheteur reste toutefois dominant, et la configuration graphique rend probable l’émergence d’une nouvelle vague haussière qui pourrait conduire l’énergie fossile sur ses plus hauts de 2008 au cours de ce second trimestre. La correction a en revanche été sévère sur le gaz naturel (-21,5%), le café (-10,2%) et le palladium (-7,7%).
Conclusion
Les marchés actions américains restent indéniablement inscrits au sein d’une dynamique haussière à moyen terme. De nouveaux plus hauts annuels devraient donc être inscrits au cours des prochaines semaines. En revanche, la situation est plus contrastée en Europe, où le risque reste élevé et les intervenants méfiants, comme le confirme les Bourses de Lisbonne et de Madrid qui sont à la traîne. D’un point de vue stratégique, il est donc préférable de privilégier les actions américaines ou l’Allemagne. Quant au CAC 40, il devrait poursuivre son rattrapage en direction des 3700 points, mais la correction pourrait entretemps se prolonger en direction des 3250 points.
Jérôme Vinerier, CFTe
IG France
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