Bilan du mois de septembre
Du côté des indices boursiers internationaux
Les marchés actions ont dans l’ensemble progressé en septembre, les investisseurs ayant apprécié la décision de la Banque centrale européenne de lancer un programme d’achat de titres de dette des pays de la zone euro rencontrant des difficultés, ainsi que par les nouvelles mesures de soutien de la Réserve Fédérale. Ces interventions ayant été largement anticipées au point de donner lieu à un véritable rallye haussier durant l’été, le mouvement ascendant s’est rapidement essoufflé. Le CAC 40 (-1,7%) a ainsi enregistré un score mensuel négatif, sous l’effet des prises de bénéfices, tout comme son homologue néerlandais, l’AEX 25 (-1,9%). Les autres places financières sont quant à elles parvenues à préserver une partie de leurs gains, notamment s’agissant de l’IBEX 35 espagnol (+3,9%), du DAX 30 allemand (+3,5%) ou du S&P 500 américain (+2,4%).
Récapitulatif des performances mensuelles
| Indice | Pays | Perf. 09/2012 |
|---|---|---|
| PSI 20 | Portugal | 4.10% |
| IBEX 35 | Espagne | 3.90% |
| DAX 30 | Allemagne | 3.50% |
| Dow Jones 30 | Etats-Unis | 2.60% |
| S&P 500 | Etats-Unis | 2.40% |
| SMI | Suisse | 1.70% |
| Nasdaq Comp. | Etats-Unis | 1.60% |
| BEL 20 | Belgique | 1.20% |
| DJ Stoxx 600 | Europe | 0.80% |
| Euro Stoxx 50 | Europe | 0.60% |
| FTSE 100 | Royaume-Uni | 0.50% |
| Nikkei 225 | Japon | 0.30% |
| FTSE MIB | Italie | 0.00% |
| CAC 40 | France | -1.70% |
| AEX 25 | Pays-Bas | -1.90% |
Du côté des indices sectoriels européens et des valeurs françaises
Au niveau européen, ce sont les secteurs de la chimie (+5%) et de la banque (+5%) qui ont connu les plus fortes appréciations ; sur le marché français, on retrouvait ainsi Crédit Agricole (+25%), Natixis (+13%), BNP Paribas (+6%) et Société Générale (+5,3%) en tête du palmarès. Les services financiers (+4,1%) et les ressources de bases (+3,2%) se sont également distingués, notamment à travers des valeurs telles que Recylex (+63%) et Imerys (+17%). Au sein du CAC 40, on dénombrait toutefois une dizaine de titres reculant de plus de 8%, les plus fortes chutes ayant été réalisées par France Télécom (-18%), EADS (-17%) et Bouygues (-16%).
| Secteur DJ Stoxx 600 | Perf. 09/2012 |
|---|---|
| DJ Stoxx 600 Chemicals | 5.00% |
| DJ Stoxx 600 Banks | 5.00% |
| DJ Stoxx 600 Financial Services | 4.10% |
| DJ Stoxx 600 Basic Resources | 3.20% |
| DJ Stoxx 600 Construction & Materials | 2.00% |
| DJ Stoxx 600 Insurance | 2.00% |
| DJ Stoxx 600 Industrial Goods & Services | 1.50% |
| DJ Stoxx 600 Travel & Leisure | 1.00% |
| DJ Stoxx 600 HealthCare | 0.90% |
| DJ Stoxx 600 Utilities | 0.80% |
| DJ Stoxx 600 Media | 0.70% |
| DJ Stoxx 600 Automobiles & Parts | -0.30% |
| DJ Stoxx 600 Technology | -0.50% |
| DJ Stoxx 600 Food & Beverage | -0.50% |
| DJ Stoxx 600 Telecommunications | -1.00% |
| DJ Stoxx 600 Retail | -1.30% |
| DJ Stoxx 600 Oil & Gas | -1.60% |
| DJ Stoxx 600 Personal & Household Goods | -3.90% |
Du côté des statistiques macroéconomiques
Si les politiques monétaires des Banques centrales ont indéniablement contribué au bon parcours des actions ces derniers mois, il ne faut pas pour autant perdre de vue les fondamentaux. Or, les indicateurs macroéconomiques continuent de faire état d’un ralentissement de l’activité aux Etats-Unis. L’indice ISM manufacturier est désormais sous le seuil critique des 50 points, indiquant une contraction au sein du secteur. Celui des services a quant à lui fait preuve d’une plus grande résilience, mais la tendance depuis le début de l’année reste néanmoins négative.
Sur le front de l’emploi, le taux de chômage continue de diminuer, celui-ci s’étant établi à 8,1% en août. Les créations d’emplois restent en revanche limitées, ce qui traduit le manque de confiance de la part du secteur privé et donc de faibles perspectives. Les chiffres officiels du Département du Travail relatifs au mois de septembre, qui seront communiqués ce vendredi 5 octobre, seront étroitement surveillés des économistes et intervenants ; ceux-ci anticipent en moyenne 111 000 créations nettes, soit légèrement davantage que les 96 000 du mois d’août.
Si le terme de ralentissement est adapté pour les Etats-Unis, c’est en revanche de récession dont il est dorénavant question s’agissant du Vieux Continent. C’est en effet ce que laissent présager le comportement des indicateurs avancés, dont les indices PMI, qui poursuivent leur contraction au fil des mois. Au sein de la zone euro, les différences restent fortes entre les pays du nord qui résistent, et ceux du sud dont la dégradation est nettement plus marquée.
Ce contexte continue de peser sur les acteurs économiques, comme le confirment les différentes mesures, qu’il s’agisse du moral des ménages, que du sentiment économique ou du climat des affaires. Les chiffres de la Commission Européenne ont ainsi fait état de nouveaux plus bas annuels, ce qui indique que malgré l’accalmie sur les marchés financiers de ces derniers mois, les craintes restent vives.
Le malaise est d’ailleurs perceptible au regard des multiples manifestations contre l’austérité et les plans de rigueur, sur fond de pression inflationniste et de poussée continue du chômage. En France, celui-ci avoisine les 10,3% selon l’INSEE, le chiffre des 3 millions de chômeurs ayant été atteint. Même tendance au sein de la zone euro où il atteint les 11,4% et qui devrait malheureusement poursuivre sa progression.
Du côté des devises et des matières premières
Sur le Forex, la détermination affichée par la BCE et l’annonce de ses mesures visant à lutter contre la spéculation sur les pays sous pression a soulagé les cambistes, qui sont donc revenus sur la monnaie unique européenne. Le dollar américain a pour sa part pâti de la mise en place d’un troisième plan d’assouplissement quantitatif par la Réserve Fédérale, ce qui a profité tant à l’euro (+2,2%) qu’à la livre sterling (+1,9%), au franc suisse (+1,6%) et au yen (+0,5%). Cet affaiblissement du billet vert a mécaniquement profité aux métaux précieux dont l’argent (+8,8%) et l’or (+4,8%), alors que le soja (-8,9%), le maïs (-5,4%) et le pétrole crude (-4,8%) se sont dépréciés.
Conclusion
Malgré le récent regain de visibilité s’agissant de la zone euro du fait de la variable monétaire, les perspectives moroses risquent de donner lieu à des conditions peu propices aux actions en octobre, tout particulièrement s’agissant des pays fragiles de la zone euro. Le recul marqué (-5%) du CAC 40 fin septembre atteste d’ailleurs de la fragilité de la confiance, et de la vitesse à laquelle les craintes ressurgissent. Les configurations graphiques des indices boursiers américains restant favorables, nous continuons d’envisager une poursuite de la hausse à moyen terme, et un retour du S&P 500 au contact des 1500 points. Nous n’écartons toutefois pas des phases de correction intermédiaires, qui risquent de rester plus prononcées sur les pays fragiles.
Jérôme Vinerier, CFTe
IG France
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